Demain, dès l’aube…

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

                                                      - Victor Hugo - (1856)

Dessin de Victor Hugo. Draw by Victor Hugo.

Photo: http://www.hellogif.com/wallpaper/superbe-lac-de-campagne-1208

victor hugo demain dès l'aube nocturne Chopin musique classique poetry readinglittleblackbird

Le dormeur du val
C’est un trou de verdure où chante une rivière Accrochant follement aux herbes des haillons D’argent ; où le soleil de la montagne fière, Luit : C’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme  Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. 
                                  Arthur Rimbaud- Poésies (1870)


Source of the photo: http://www.sylvain-urban.book.fr/galeries/courts-metrages/le-dormeur-du-val

Le dormeur du val

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil de la montagne fière,
Luit : C’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

                                  Arthur Rimbaud- Poésies (1870)

Source of the photo: http://www.sylvain-urban.book.fr/galeries/courts-metrages/le-dormeur-du-val

le dormeur du val arthur rimbaud poésie 1870 photography sylvain urbain lucas stoll court métrage claire de lune claude debussy musique classique poetry readinglittleblackbird


Read the Printed Word!

     


- Reading Little Blackbird - All right reserved - © July 2014 - Theme by safe as milk